Pour une agriculture de proximité

Les circuits courts : des avantages à multiples facettes

 

D'une manière générale, l'absence ou le nombre limité d'intermédiaires dans les circuits de distribution de produits alimentaires permet au consommateur d'identifier le produit au producteur et au territoire. Cela valorise et responsabilise l'agriculteur vis-a-vis du consommateur qui peut facilement l'interroger sur ces pratiques et la gestion de son exploitation.

 

pain bio fermier Crédit Carole SauvadetLes activités de transformation à la ferme et de commercialisation en circuits courts permettent la relocalisation de l'économie et la création d'emplois en milieu rural. En effet, la transformation à la ferme permet à des exploitations de taille modeste d'employer une main d'œuvre importante. La densité du tissu rural sera donc d'autant plus importante que les ateliers de transformation locale et de commercialisation en circuits courts seront nombreux sur le territoire.

 

Par ailleurs, ces démarches constituent un prolongement de l'activité de production qui permet à l'agriculteur de mieux maitriser la valorisation de ses produits. Dans ce type de schéma, l'activité agricole, de par sa multifonctionnalité (production, transformation, commercialisation), participe au maintien d'un maximum d'exploitations et de valeur ajoutée sur le territoire.

 

 

 

 

Pour une nouvelle gouvernance alimentaire à l'échelle des territoires

 

Ces démarches de proximité participent directement au lien entre producteurs et consommateurs et entre territoire, saison et produits. Elles permettent également de redynamiser un tissu rural préalablement redensifié (commerces et services de proximité, activités socio-culturelles, etc.). Elles représentent des alternatives pertinentes aux modes de commercialisation classique en filières longues et font écho à une demande croissante des consommateurs pour consommer localement des produits de qualité.

 

Par ailleurs, le développement des circuits courts appelle de nouvelles synergies entre producteurs, consommateurs et, plus généralement les acteurs pouvant intervenir dans les circuits courts, notamment les collectivités territoriales. Il est donc indispensable de formaliser la demande sociale et de créer des synergies locales entre les différents acteurs concernés afin de développer une véritable gouvernance alimentaire à l'échelle des territoires.

 

Du diagnostic aux pistes d'actions

 

En 2009, un important travail de diagnostic et d'état des lieux des circuits courts existants sur le département a permis d'identifier leurs limites et les freins à leur développement. Les circuits courts de commercialisation (vente à la ferme, AMAP, magasins de producteurs, marchés paysans, etc.) sont largement pratiqués par les membres du réseau InPACT 37 qui apprécient de pouvoir mieux valoriser leurs productions ainsi que le contact et les liens directs qui s'établissent avec les consommateurs dans ce type de démarches. Cependant, à une échelle plus large on s'aperçoit que les circuits courts sont relativement peu développés sur le département d'Indre-et-Loire alors qu'il existe une réelle demande à la fois des consommateurs et des collectivités territoriales (restauration collective). Parmi les freins au développement des circuits courts qui ont été identifiés de manière structurelle : le manque d'unités locales de transformation, des filières locales pas assez structurées et des initiatives individuelles trop isolées.

 

Produits bio

 

En 2010, un travail d'enquêtes réalisé au sein du réseau paysan d'InPACT 37, a permis d'affiner le diagnostic en apportant des éléments à l'échelle des fermes. Du côté paysan, les principaux obstacles rencontrés pour développer et maintenir des projets de circuits courts sont l'importante demande en temps de travail que requiert les activités de transformation et de commercialisation et la difficulté de s'adapter, tant techniquement que financièrement, aux normes sanitaires standardisées de plus en plus contraignantes pour les petits ateliers.

 

 

Sur la base de ce diagnostic, des pistes d'actions ont été formulées pour lever les freins identifiés. La stratégie retenue consiste à développer des projets collectifs de transformation et/ou de commercialisation des produits agricoles (céréales, légumes, volailles, moutons, porcs, etc.). Cela permet à la fois de mutualiser les investissements dans des ateliers de transformation respectant les normes sanitaires, de mutualiser le temps de travail des producteurs consacré à la vente des produits, de fédérer les initiatives et de structurer des filières locales.

 

Parallèlement à cette enquête auprès des producteurs, une brochure destinée aux consommateurs recense tous les circuits courts (vente à la ferme, marchés, AMAP, magasins, cavistes, restaurants...) qui permettent aux consommateurs de soutenir l'agriculture biologique locale.


Des réalisations de proximité

Depuis 2008, deux nouvelles organisations collectives de commercialisation et de transformation ont déjà vu le jour : la création de l'épicerie paysanne mobile le Ptit Gibus et l'atelier collectif de transformation de blés paysans Le Grain Libre

 

L'ADEAR 37 anime également un groupe d'éleveurs bovin et caprins qui transforment le lait à la ferme. Ils se rencontrent régulièrement pour échanger sur leurs pratiques de production, de transformation et de commercialisation.

 

Le développement de ces nouveaux circuits de proximité permet de maintenir et de créer des activités économiques et sociales durables en milieu rural et péri-urbain en répondant ainsi à la fois à la demande du monde paysan, de la société civile et des collectivités territoriales.

 

Pour rejoindre une dynamique ou proposer un nouveau projet, contacter :

Raphaëlle CORMERAIS-THOMIN (raphaelle.cormerais@adear37.org | Tél : 09 66 89 52 16).

InPACT 37 - 8 allée des rossignols - 37170 Chambray-lès-Tours - Tél. 02 47 86 39 25 - contact@inpact37.org